Bulletin paroissial du dimanche 21 novembre 2021

« N’ayez pas peur ! »

Cette année liturgique a été marquée par bien des épreuves et nous ne devons pas nous laisser submerger par la peur :

Peur de cette pandémie qui demeure, qui gâche notre vie quotidienne et dont certains de nos proches ont été victimes. Mais comme l’affirme Paul aux Romains : « Je suis sûr que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dirigeants, ni les choses présentes ni les choses à venir ne pourront nous séparer de l’amour de Dieu Christ Jésus notre Seigneur » (Rom 8,38). Soyons des porteurs d’espérance ! Nous savons que notre vie, quelle qu’elle soit, a un sens. Le monde plus que jamais a besoin de chrétiens donnés au service et prêts à proclamer la Bonne Nouvelle de la vie éternelle.

Peur que suscite la révélation des abus sexuels au cœur de l’Eglise. Ce fut un choc pour tous, par son ampleur. L’Eglise de France et ses pasteurs prennent résolument les mesures qui s’imposent avec courage. Ayons confiance. C’est en choisissant humblement ce chemin de vérité, que l’Eglise passera de la mort à la vie, du doute à la confiance. Elle en sortira purifiée, fortifiée et davantage missionnaire.

Le pape Benoît XVI déclarait, le 24 avril 2005, lors de sa messe inaugurale :

« N’ayez pas peur du Christ ! Il n’enlève rien et il donne tout. Celui qui se donne à lui reçoit le centuple. Oui, ouvrez, ouvrez tout grand les portes au Christ et vous trouverez la vraie vie. »

Mais ce que l’on connaît moins, ce sont les conférences du jeune théologien Joseph Ratzinger sur l’avenir du christianisme en 1969. Parole prophétique, tristement réaliste, mais parole d’espérance sur le devenir de l’Eglise. Accueillons la pour vivre ce temps d’Avent, et entrer confiants dans cette année nouvelle:

« De cette crise surgira une Eglise qui aura perdu beaucoup : bâtiments, fidèles, prêtres, privilèges sociaux ; une Eglise redimensionnée avec beaucoup moins de fidèles, contraints d’abandonner la plupart des lieux de culte construits au fil des siècles. Une Eglise de catholiques minoritaires, ayant peu d’influence sur les choix politiques, humiliés et contraints de repartir depuis l’origine. Mais aussi une Eglise qui a travers ce bouleversement massif, se retrouvera et renaîtra simplifiée, plus vigoureuse et missionnaire.

Ce sont des petits groupes qui feront renaître l’Eglise, des mouvements minoritaires qui remettent la foi au centre de leur espérance, renonçant à toute prétention politique et tout flirt avec la gauche ou la droite. Pauvre, elle redeviendra l’Eglise des nécessiteux. A ce moment-là, les hommes découvriront qu’ils vivent dans un monde d’une solitude indescriptible, ils auront perdu la vision de Dieu et seront horrifiés par leur indigence.

Alors, et alors seulement, ils verront le petit troupeau des croyants comme quelque chose de complètement nouveau; ils découvriront comme une espérance pour eux-mêmes, une réponse toujours secrètement attendue.* »

Préparons-nous pour être des pierres vivantes de cette Eglise qui a besoin de chacun. La préparation, d’abord en paroisse, de ce synode sur le thème « Pour une Église synodale : communion, participation et mission » peut être une véritable occasion pour renouveler l’Eglise.

Bertrand Fayolle – ccn

Curé de l’Ensemble Paroissial
St Donatien – Ste Elisabeth – St François de Sales


*- http://benoit-et-moi.fr/2014-I/benoit/la-prophetie-oubliee-de-ratzinger.html