La situation au Liban

La situation au Liban

Le Liban vit depuis plus de 2 ans une terrible crise politique, économique et sociale : de mois en mois les prix augmentent, les pénuries s’aggravent, la valeur de la monnaie chute.

Le salaire moyen est à 1 500 000 LL environ. Avant la crise, cela correspondait à 750 $. Mais aujourd’hui, il équivaut à 50 – 60 $. La plupart des familles sont passées sous le seuil de pauvreté.

Du fait de la dévaluation de la monnaie, les prix des denrées courantes ont terriblement augmenté : multipliés par 15 environ.

L’essence qu’on achetait l’année dernière à 25 000 LL les 20 litres coûte maintenant 360 000 LL/20 litres. C’est la même augmentation pour le mazout de chauffage et le gaz.

Et lorsqu’il y a des pénuries, on ne peut même plus se fournir en essence ou en gaz.

Pour les denrées alimentaires, c’est le même problème : l’huile, le lait, le pain… Tout est devenu hors de prix. Un sac de lait en poudre de bonne qualité coûtait environ 25 000 LL, et maintenant, on achète à 200 000 LL du lait de mauvaise qualité, qui se dilue mal dans l’eau.

Et en parallèle, les salaires n’ont pas augmenté.

 

Au niveau de l’électricité, il y avait un problème au Liban depuis des décennies, mais cette crise a rendu la situation invivable. Depuis la guerre civile du Liban, la société publique « Electricité du Liban » ne produisait pas suffisamment d’électricité pour couvrir tous les besoins du pays. Elle était donc partagée entre les différentes régions sous forme de coupures d’une durée de 4h, 1 à 2 fois par jour dans chaque région, à tour de rôle. Au fil des années, un marché parallèle s’est donc mis en place dans le pays : des sociétés privées ont installé des générateurs électriques dans les villages et les quartiers pour vendre aux habitants qui le désiraient leur électricité dans les moments de coupures de la part de EDL.

Au cours de l’année 2021, l’EDL n’a plus eu les moyens de produire autant d’électricité qu’avant (à cause, entre autres, du prix du gasoil). Et les coupures se sont allongées et multipliées. Aujourd’hui, la plupart des régions reçoivent cette électricité « publique » seulement 2h/24. Les générateurs privés ne peuvent compenser toutes ces coupures, et sont obligés d’éteindre leurs machines quelques heures dans la journée. Ils ont de la difficulté à se procurer du gasoil. Et le prix de ce dernier ayant augmenté, ils ont dû augmenter aussi le prix de leur électricité.

Pour le Couvent Notre Dame de la Route, les factures du générateur se montaient à 900 000 LL/mois en 2019. Tandis que le mois passé, nous avons dû payer 15 000 000 LL. Et pourtant, nous restons sans électricité tous les jours de 12h à 14h et toutes les nuits de 1h à 6h environ. Et parfois d’autres coupures viennent s’ajouter à celles-là. 

Père Majer El Hage, prêtre de la Communauté du Chemin Neuf, responsable du Liban.

 

Père Majer El Hage, ccn

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